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Automaticien vs électrotechnicien : quelles différences concrètes ?
Ces deux métiers travaillent souvent sur les mêmes lignes de production… mais pas au même niveau. Missions, outils, périmètre, diagnostic, responsabilités : voici une comparaison claire et terrain pour éviter les confusions (et mieux recruter).
À retenir (en 60 secondes)
- L’électrotechnicien est centré sur la distribution électrique, les armoires, le câblage et la sécurité électrique.
- L’automaticien est centré sur la logique de fonctionnement (API/PLC, séquences, IHM/SCADA, communications).
- Quand une ligne s’arrête, l’électrotech cherche la cause électrique ; l’automaticien cherche la cause logique/process.
- Pour recruter juste : partez de la panne type et du livrable attendu (mise en service, modif programme, câblage, dépannage).
1) Pourquoi on confond (et pourquoi c’est risqué)
Dans beaucoup d’usines, on “range” encore l’automatisme dans l’électricité : armoire, capteurs, variateurs, câblage… Et sur le terrain, automaticiens et électrotechniciens travaillent côte à côte pendant les arrêts techniques. Résultat : les intitulés finissent par se mélanger.
Pourquoi c’est risqué ? Parce qu’un mauvais choix de profil se paye cash : diagnostic plus long, modifications impossibles, mise en service retardée… et parfois une dépendance totale à un prestataire.
Si votre besoin est réellement automatisme (programmes, IHM, supervision, optimisation), vous aurez besoin d’un automaticien. Pour cadrer précisément le poste : fiche de poste automaticien.
2) Électrotechnicien : missions, outils, périmètre
L’électrotechnicien intervient sur l’énergie et sa distribution : l’alimentation, les protections, le câblage, la conformité et la sécurité électrique. Son objectif : assurer un fonctionnement fiable des équipements électriques et remettre en route sans risque.
Missions typiques
- Lecture de schémas et repérage (plans électriques, nomenclatures)
- Câblage / recâblage d’armoires, coffrets, capteurs, actionneurs
- Dépannage électrique (protections, relais, moteurs, variateurs, alimentations)
- Maintenance préventive (contrôles, resserrages, thermographie selon contexte)
- Mise en conformité / sécurité électrique (selon organisation, habilitations)
Outils et compétences “signature”
- Schémas : un électrotech “voit” une armoire comme un plan.
- Mesures : multimètre, pince ampèremétrique, contrôles d’isolement (selon habilitations).
- Câblage : propre, robuste, conforme (repérage, chemins, protections).
- Habilitations : BS/BE/BR… (selon périmètre et réglementation interne).
En une phrase : l’électrotechnicien assure que “le courant arrive, au bon endroit, au bon format, en sécurité”.
3) Automaticien : missions, outils, périmètre
L’automaticien intervient sur la logique de fonctionnement : séquences, conditions de marche, sécurité machine côté automate, communications (bus), interface opérateur (IHM) et parfois supervision (SCADA). Son objectif : faire fonctionner la machine “comme prévu”, puis l’optimiser (cadence, stabilité, fiabilité).
Missions typiques
- Analyse fonctionnelle (ce que la machine doit faire, dans quel ordre, avec quelles sécurités)
- Programmation API/PLC (Siemens, Schneider, Rockwell, etc.)
- Paramétrage IHM/SCADA, alarmes, historisation (selon périmètre)
- Tests, FAT/SAT, mise en service, documentation
- Diagnostic de pannes complexes (interlocks, séquences, coms, capteurs “logiques”)
- Optimisation (cycle time, reprises après arrêt, réduction défauts récurrents)
Outils et compétences “signature”
- Programmation : blocs, séquences, temporisations, safety selon architectures.
- Diagnostic : lectures d’états, traces, monitoring d’E/S, réseaux industriels.
- Compréhension process : l’automaticien “pense” production (flux, contraintes, qualité).
- Communication : pont entre production, maintenance, BE, intégrateurs.
Pour cadrer précisément responsabilités, compétences, contexte de travail, voici la référence : fiche de poste automaticien.
En une phrase : l’automaticien assure que “la machine se comporte correctement” (et peut l’améliorer).
4) 5 cas terrain : qui fait quoi sur une panne ?
Le plus simple pour différencier ces métiers, c’est de partir d’une situation réelle. Sur le terrain, on ne recrute pas “un intitulé”, on recrute une capacité à résoudre des problèmes précis.
Cas #1 — Le moteur ne démarre plus
Électrotechnicien : vérifie protections, alimentation, contacteur, variateur, câblage, moteur.
Automaticien : vérifie si l’automate autorise le démarrage (interlocks, sécurités, conditions de marche).
Cas #2 — La machine démarre puis se met en défaut “aléatoire”
Électrotechnicien : Automaticien :
Cas #3 — On veut ajouter un capteur + une nouvelle séquence
Électrotechnicien : Automaticien :
Cas #4 — Mise en service d’une nouvelle ligne
Électrotechnicien : Automaticien :
Cas #5 — La cadence est mauvaise alors que “tout marche”
Électrotechnicien : Automaticien :
Conclusion terrain : dès qu’il faut modifier la logique ou comprendre un comportement, l’automaticien devient central.
5) Tableau comparatif (simple et actionnable)
| Critère | Électrotechnicien | Automaticien |
|---|---|---|
| Objet principal | Énergie + équipements électriques | Logique machine + automatisme |
| Livrables | Câblage, conformité, dépannage électrique | Programmes PLC, IHM/SCADA, mise en service |
| Diagnostic type | Mesures, protections, continuité | États, séquences, interlocks, communications |
| Outils | Schémas, multimètre, outillage armoire | Logiciels PLC, supervision, analyse réseaux |
| Quand il devient indispensable | Pannes électriques, mises en conformité | Mise en service, modifications logiques, optimisation |
6) Recruter le bon profil selon votre besoin
6.1 Si votre problème est “électrique”
- Pannes d’alimentation / protections / variateurs
- Armoires à fiabiliser, câblage à remettre au propre
- Conformité, sécurité électrique, repérage
➡️ Profil prioritaire : électrotechnicien (ou électromécanicien orienté élec selon contexte).
6.2 Si votre problème est “logique / machine”
- Arrêts intermittents, défauts “bizarres”, reprises difficiles
- Changements de format, séquences à ajouter, interlocks à revoir
- Mise en service / commissioning / recette FAT-SAT
- Optimisation cadence et stabilité
➡️ Profil prioritaire : automaticien. Pour cadrer le poste et les compétences attendues : fiche de poste automaticien.
Astuce recrutement : écrivez votre besoin sous forme de “problèmes à résoudre”. Exemple : “réduire les arrêts aléatoires”, “mettre en service une nouvelle ligne”, “modifier les séquences de reprise”. Vous verrez tout de suite si vous cherchez un électrotech ou un automaticien.
7) Peut-on passer de l’un à l’autre ?
Oui — et c’est même courant. Beaucoup d’automaticiens ont une base électrotechnique. La différence, c’est la montée en compétences sur : programmation PLC, logique séquentielle, compréhension process, mise en service et diagnostic logiciel.
Côté entreprise, vous pouvez favoriser cette passerelle via : binômage, formation PLC (niveau 1 → 2), participation aux mises en service et accès encadré aux modifications programmes.
8) Vidéo Cover RH : immersion maintenance (là où ces métiers se croisent)
Une immersion Cover RH utile pour comprendre le quotidien “terrain” (pannes, diagnostic, organisation). On y voit précisément pourquoi électricité et automatisme se complètent… sans être interchangeables.
Lien direct : YouTube
9) Ressources utiles
- Référence métier : fiche de poste automaticien (Cover RH)
- Vidéo Cover RH : technicien de maintenance (immersion)
FAQ
Un électrotechnicien peut-il faire de l’automatisme ?
Oui, sur des tâches simples (diagnostic d’E/S, petits ajustements) selon l’organisation. Mais dès qu’il faut modifier une logique, mettre en service, ou optimiser une séquence, un automaticien est plus adapté.
Pourquoi les automaticiens sont-ils plus difficiles à recruter ?
Parce que le métier combine programmation, diagnostic, compréhension process et mise en service. Ces profils sont rares et très sollicités (industrie 4.0, modernisation, fiabilisation).
Quelle est la meilleure manière de trancher entre les deux en recrutement ?
Décrivez 3 “problèmes types” à résoudre. Si ça ressemble à du câblage / alimentation / protections : électrotech. Si ça ressemble à des séquences / interlocks / IHM / mise en service : automaticien.
Quelles compétences vérifier en entretien pour un automaticien ?
Exemple : type d’API déjà utilisé, diagnostic sur arrêt intermittent, modification de séquence, gestion d’alarmes, mise en service (FAT/SAT), communication (Profinet/Ethernet-IP, etc.). Pour une base claire : fiche de poste automaticien.
Conclusion : complémentaires, mais pas interchangeables
L’électrotechnicien sécurise l’électrique et la conformité ; l’automaticien sécurise la logique et le comportement machine. Les deux sont essentiels — mais recruter l’un à la place de l’autre crée souvent des semaines perdues. Si votre besoin touche à la programmation, aux séquences, à l’IHM ou à la mise en service, partez sur un automaticien.